NGIRUBA et le Micro-crédit

IMG_0126, traitée_a
Le Staff de NGIRUBA, projet d'aide par le Micro-crédit actif à Geme

Comment financer le développement social et économique dans le Sud-Ubangi ?

Les choses évoluent depuis que le gouvernement de la RDC a décidé que les agents de la Fonction publique percevraient dorénavant leur salaire sur leur compte bancaire : le nombre de comptes bancaires est en rapide croissance et les banques tentent de s'adapter à cette brusque croissance en ouvrant de nouveaux guichets un peu partout. Mais le pays est vaste et le réseau des agences bancaires est encore loin d'atteindre tous les territoires... Sans risque de se tromper, on peut donc dire qu'aujourd'hui encore la "RD Congo est sous-bancarisée"1.

Dans le Sud-Ubangi particulièrement, des structures bancaires capables de financer les PME sont vraiment rares.  Les habitants du Sud-Ubangi étant très pauvres, ils n’arrivent pas à réunir les conditions d’accès au crédit bancaire.

Généralement, les fonds nécessaires pour entreprendre des activités économiques ou commerciales proviennent des ressources personnelles, sinon de la famille ou des amis. Malheureusement, bien des personnes ne bénéficient pas de tels appuis.

L'état de pauvreté d'une bonne partie de la population ouvre la porte à l’émergence du secteur informel qui domine largement l’économie de la région. 

Ngiruba est une institution de microfinance qui existe dans le Sud-Ubangi depuis le mois d’août 2013. Son lancement est dû à une rencontre imprévue au début de ce mois entre le porteur du projet et une dame, ancienne vendeuse de bananes dont l’activité avait cessé par manque d’argent. Le porteur du projet lui proposa de souscrire à un microcrédit pour relancer son activité, mais à condition de trouver d’autres femmes qui sont dans la même situation qu’elle. La dame y consentit. Le lendemain, elle revint avec un groupe de cinq personnes. À l’issue de cette rencontre en équipe, chacune accepta de souscrire pour un montant de 5000 francs congolais, l’équivalent de 5 $. Depuis ce jour, Ngiruba fut lancé sur base d’un montant de 30 $ au total. Démarrée avec 5 personnes, l’institution compte aujourd’hui plus de 300 personnes.

Ngiruba offre des microcrédits de groupe, non seulement à des vendeurs ou vendeuses de produits frais et aliments secs, mais aussi à des petits producteurs tels que les agriculteurs, les éleveurs, les cordonniers, les couturiers, les tisserands, etc. Ses adhérents sont diversifiés et formés par des équipes de 5 à 10 personnes chacune et incluse dans une communauté solidaire plus large d’au moins 2000 personnes habitant le même quartier. Après avoir rempli les conditions préalables liées à cette structure, chaque affilié reçoit un prêt de la même taille et aux mêmes conditions pour tous, et accepte de cosigner le contrat pour l’ensemble des autres membres. Ngiruba associe un engagement ferme vis-à-vis des entrepreneurs pauvres et un objectif d’enracinement culturel dans sa mission.

L'activité de Ngiruba est fondée sur la pratique du « Ndonge » qui est une façon traditionnelle de pratiquer la microfinance particulièrement dans la Province de l'Equateur. Son objectif principal consiste à reconstruire un tant soit peu, les tissus économiques de la région en soutenant les petits producteurs indépendants par des microcrédits adaptés à leurs besoins. Pour atteindre cet objectif, Ngiruba a vocation à devenir une institution financière autonome pour mieux soutenir les petites affaires rentables, rendre la dignité aux pauvres de la région, améliorer leur niveau de vie économique et sociale.

Les agents de microcrédit engagés dans Ngiruba sont recrutés parmi les étudiants en Science commerciale de l’Institut Supérieur Pédagogique de Gemena.  

1 KIKATA PUBU N., Les sources de financement des PME en République Démocratique du Congo, dans Economie de développement et financement…, p. 63.

 2 OMASOMBO TSHONDA J. (Sous la dir), Sud-Ubangi. Bassin d’eau et espace agricole, Musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren, 2013, p. 376.